Port-au-Prince — Fin du suspense. L’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a clairement pris position dans le débat politique autour d’une éventuelle révocation du Premier ministre à un stade avancé de la transition. Dans une déclaration publiée ce jeudi, la représentation diplomatique américaine avertit que toute initiative du Conseil présidentiel de transition (CPT) visant à modifier la composition du gouvernement serait considérée comme une manœuvre de déstabilisation.
Selon l’Ambassade, l’objectif des États-Unis pour Haïti reste l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité. Washington estime que le pays ne peut pas se permettre une nouvelle crise institutionnelle au moment où les efforts doivent se concentrer sur le rétablissement de l’ordre public, la continuité de l’État et la poursuite du processus de transition.
Dans ce message, publié en créole et en français, les États-Unis précisent que toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le CPT, une structure non élue, à ce stade avancé de son mandat, serait nulle et non avenue. Une position ferme qui vient refroidir les ardeurs des acteurs impliqués dans les tractations visant à renverser l’actuel chef du gouvernement.
L’Ambassade américaine va encore plus loin en avertissant que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice, favorable aux gangs, agirait contre les intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien. Des mesures appropriées pourraient être prises contre les instigateurs ou partisans d’une telle démarche.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions politiques et de crise sécuritaire persistante, alors que la Police nationale intensifie ses opérations contre les groupes armés. Pour de nombreux observateurs, un choc politique au sommet de l’État risquerait d’affaiblir les efforts en cours et de compromettre les maigres avancées enregistrées sur le terrain.


